SOLIDARITE : dons de jours de repos


Photo : Stéphane Bouilloux (3è en partant de la droite) entourés des syndicalistes Patrice Aguilar, Robert Le Bihan et Michaël Benarab.
À gauche : Éric Large, le patron de Stéphane chez Saône-et-Loire Express, et Véronique Mazué, responsable du personnel des sociétés Sobotram.


Stéphane Bouilloux, 36 ans, est un agent d'exploitation au 71 Express (filiale du Groupe Sobotram) et il a beaucoup de mal à s'organiser pour rester aux côtés de son fils, Adien, qui a été diagnostiqué à l'âge de 9 ans d'un cancer. Mais ses collègues ont eu une idée...

«En avril, un cancer a été décelé chez mon fils. Entre la chimio et les hospitalisations, la vie de famille est très compliquée à organiser. » Papa d’Adrien, qui a eu 10 ans dimanche, Stéphane peine à conjuguer le drame qui le touche avec ses obligations professionnelles.
« Ce n’était déjà pas facile avec Maxandre, mon plus jeune fils âgé de 4 ans qui est trisomique, mais là, j’ai besoin d’être aux côtés d’Adrien quasiment en permanence. »
Deux lourdes opérations attendent Adrien et son papa veut être présent.
Atteint du sarcome d’Ewing (cancer des os), Adrien doit être hospitalisé presque une semaine sur deux à Dijon pour y subir une chimiothérapie. Lundi, c’est à Nancy qu’il s'est rendu pour y être opéré :
« On va lui enlever l’os du fémur gauche qui est malade. Une intervention qui nécessite quinze jours d’hospitalisation. Ce sera rebelote en janvier pour, cette fois, une greffe », explique le papa.
Les employés du Groupe Sobotram bénéficient de 30 jours de congés payés par an, sans RTT. Ce n’est pas suffisant pour permettre à Stéphane d’accompagner son enfant :
« Je ne peux pas prendre des jours sans solde, ma compagne ayant décidé de prendre une année sabbatique à l’annonce de la maladie d’Adrien. Et rien n’est prévu dans la loi en matière de congés supplémentaires lorsque l’on doit s’occuper d’un enfant malade », regrette-t-il.
« Quand j’ai appris ce qui arrivait à Stéphane, ça m’a touché, commente Patrice Aguilar, secrétaire du comité d’entreprise et délégué syndical CFDT.
Je savais qu’une loi portant sur les dons de congés existait et j’ai tout de suite contacté la direction.
Nous avons signé un accord d’entreprise le mois dernier. Ce n’était pas obligatoire, mais nous tenions à ce que ce soit fait dans les règles. »

Déjà 25 jours donnés !

Les 320 salariés des trois sociétés Sobotram (Sobotram, Soboroute et France Express) ont été informés de la mise en place de ce dispositif via leur fiche de paye.
« Chacun donne ce qu’il veut dans la limite de cinq jours, anonymement », poursuit le syndicaliste. Stéphane Bouilloux a déjà reçu 25 jours de la part de ses collègues, ce qui va lui permettre d’être au chevet d’Adrien durant ses deux périodes d’hospitalisation.
« Si chacun donne un jour, Stéphane pourra s’occuper de son fils une année entière », fait remarquer Robert Le Bihan, trésorier du comité d’entreprise. Tous soulignent que l’accord d’entreprise entériné, il pourra bénéficier à d’autres salariés, s’ils se trouvaient malheureusement dans la même situation que Stéphane Bouilloux. Celui-ci, dans l’idéal, aurait besoin de six mois pour accompagner son fils le temps de ses deux opérations et sa rééducation qui lui permettra de remarcher.
« Je n’avais rien demandé, je n’avais pas pensé au don de jours. Mais ce que mes collègues ont fait pour moi, c’est vraiment très chouette. Je remercie tous ceux qui m’ont donné des jours et ceux qui envisagent de le faire », conclut Stéphane Bouilloux.


La direction soutient :

Par la voix de Véronique Mazué, responsable du personnel, le Groupe Sobotram se félicite de l’accord d’entreprise portant sur le don de jours de congé :
« Le Groupe Sobotram s’attache à préserver sa proximité avec et entre ses salariés. Cet accord s’est donc inscrit naturellement dans les valeurs humaines de l’entreprise. D’ores et déjà, Stéphane peut bénéficier de quelques semaines de congé supplémentaires pour s’occuper de son enfant et nous espérons que cet élan de générosité va se poursuivre. »



Pour information :
La loi du 9 mai 2014 permet le don de jours de congé ou de repos au profit d’un autre salarié parent d’un enfant de moins de 20 ans gravement malade. Le don de jour de repos ne peut intervenir qu’avec l’accord de l’employeur.
Le salarié souhaitant renoncer à un ou plusieurs jours de congé doit le faire de façon anonyme et sans contrepartie. On peut donner : Les jours correspondant à la 5è semaine de congés payés ; Des jours de RTT ; Des jours de repos compensateur ; Les temps de repos stockés sur un compte épargne temps.
Le bénéficiaire obtient le maintien de sa rémunération pendant son absence et cette période est assimilée à une période de travail effectif pour la détermination des droits liés à l’ancienneté.En 2018, le dispositif a été étendu aux aidants.



Malgré la maladie, Adrien garde le sourire et pour l'instant son traitement est efficace : courage champion ! JSL